«Crans-Montana est une affaire de cœur pour moi»

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Michelle Gisin est l'une des rares coureuses polyvalentes à pouvoir prétendre au podium dans toutes les disciplines. L’Obwaldienne de 27 ans attend avec impatience les courses de Crans-Montana, où elle entend performer lors du super-G ou des deux descentes au programme (22-24 janvier).

A quelques jours des compétitions sur le Haut-Plateau, la championne olympique du combiné évoque ses sensations de concourir cet hiver à huis clos, ses souvenirs marquants sur la piste du Mont-Lachaux et les chances de la candidature Crans-Montana/Valais 2027 d’organiser les Championnats du monde.

Quel est votre principal objectif cet hiver, sportivement parlant?
Que nous puissions concourir avant tout. Ne plus pouvoir skier au printemps est la chose qui m’a le plus manqué. Nous ne pouvions plus pratiquer notre sport avec le lockdown, il n’y avait plus de compétition à regarder à la télévision. C’était une période difficile. Et quand cela a repris, j’ai regardé tous les sports possibles.

Nombreuses sont les personnes qui ressentent la même chose que vous et qui souhaiteraient également venir vous encourager dans les aires d’arrivée.
C'est malheureusement ainsi pour le moment. Je souhaite que les émissions de ski apportent un peu de bonheur dans leur vie quotidienne, qui peut-être un peu ennuyeuse et terne actuellement. Si je dois donner un conseil: pratiquez un sport la semaine et regardez ensuite les courses de ski le week-end.

Comment gérez-vous cette saison perturbée par la crise sanitaire par rapport aux hivers précédents?
C’est très spécial. Cela ressemble à l’ambiance que l’on trouve dans les courses FIS. Vous passez la ligne d'arrivée, et sans spectateur, tout est très silencieux. C'est dommage, car nous vivons aussi des émotions que notre sport provoque. Cependant, il est également vrai que les fans présents n'ont que peu d'influence sur le sport en lui-même et sur nos performances. C'est différent du football et du hockey sur glace, par exemple, où les supporters peuvent véritablement influencer le cours d’un match. 

L'ambiance dans la zone d'arrivée à Crans-Montana est toujours magnifique...
Et cette atmosphère me manquera. Les fans à Crans-Montana nous encouragent avec passion, c'est pourquoi nous nous sentons comme des rock stars. J'attends avec impatience le retour à la normale.

Quel souvenir vous a le plus marqué sur cette piste du Mont-Lachaux?
Certainement mon podium en combiné en 2018 (ndlr: Michelle Gisin avait terminé 2e à trois centièmes de Federica Brignone). Mais en fait, c'était plutôt l’ensemble de ce week-end, puisque la veille j’avais terminé 4e du super-G. Je me souviens aussi d’excellents entraînements de slalom sur le mur final. Cette pente serait parfaite pour accueillir un slalom de la Coupe du monde, j’en suis convaincue. Et si en plus, nous pouvions le disputer sous la lumière des projecteurs, ce serait incroyable".

Vous avez été et êtes encore ambassadrice de la candidature de Crans-Montana pour les Championnats du monde. Comment évaluez-vous les chances pour que les Mondiaux se déroulent en Valais en février 2027 ?
J'ai eu la chance d’accompagner la candidature pour 2025 et j’ai eu le sentiment que ce processus a été très positif. J'ai ressenti l'énorme motivation et l'enthousiasme des gens, même s'ils savaient que nous n'étions pas les favoris. Le dossier était de premier ordre et a reçu beaucoup d'éloges, ce qui profitera à la prochaine candidature. Je pense que cela fonctionnera pour 2027".

Quelles seront alors les chances d'une skieuse suisse de 33 ans de remporter une médaille aux Championnats du monde (ndlr: l’âge qu’aura Michelle Gisin en février 2027)?
(Rires) Je ne sais pas encore. Mais je serai certainement là en 2027. Il n'est tout simplement pas défini dans quel rôle. Ces championnats du monde sont encore loin et mon plan de carrière ne se projette pas autant dans l'avenir. J'adorerais pouvoir regarder les courses et encourager nos skieurs.

Si vous ne devez effectivement plus être active dans sur le Cirque blanc, pourrait-on vous retrouver en tant que consultante pour une chaîne de télévision nationale?
Je préférerais de loin travailler pour le CO, car Crans-Montana est devenu un sujet qui me tient à cœur. Je me sens très proche de Marius Robyr et de Hugo Steinegger, en particulier, qui s'engagent pour le ski avec un énorme enthousiasme et beaucoup de joie. S'il y a un intérêt de leur part, Marius et Hugo auraient certainement la priorité. Ils font tous deux un travail sensationnel. Mais attendons de voir ce que l'avenir nous réserve. Pour l'instant, je suis skieuse et je veux faire de mon mieux sur les pistes.